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L’ambassadeur d’une région

L’ambassadeur d’une région

Il est Alsacien et se dit fier de représenter sa région chaque week-end sur les pelouses françaises. À 37 ans, Frank Schneider est sur le point d’achever sa troisième saison au sifflet des rencontres de Ligue 1. Rencontre

La finale de la Coupe de la Ligue (ici avec l’international monégasque Benjamin Mendy) restera un grand souvenir pour Frank Schneider. Photo AFP

Au départ, absolument rien ne le prédestinait à faire carrière dans l’arbitrage. Lorsqu’il dirige son tout premier match en 1995, à quinze ans, il est encore à des années-lumière des strass et des paillettes du football professionnel. « Je me souviens que c’était une rencontre de minimes entre Geispolsheim et le Red Star. Au départ, je jouais et j’entraînais. Puis je me suis dit que l’arbitrage était une chose qui pouvait me plaire. »

Parti à Shanghai, il fait le choix de revenir

Au fil du temps, Frank Schneider y prend goût et commence, quelques années plus tard, à grimper dans la hiérarchie. Il devient rapidement arbitre de Ligue, ce qui lui donne l’opportunité d’officier dans des rencontres de Division d’Honneur seniors.

« Pendant la saison 2003-2004, j’étais parti à Grenoble pour continuer mes études. Dans le même temps, je me suis porté candidat auprès de la Fédération pour passer, au mois d’avril, des examens pour devenir arbitre fédéral. »

Dans l’attente de ses résultats, Frank Schneider s’envole avec son meilleur ami vers l’Asie et Shanghai pendant quelques mois pour un projet professionnel. Et c’est là-bas qu’il apprend avoir été reçu par la FFF.

« Je me suis posé la question à ce moment-là de savoir s’il fallait ou non que je rentre pour tenter l’aventure dans l’arbitrage. Je me suis concerté avec mon ami et finalement, j’ai décidé de revenir » raconte-t-il.

Une fois rentré, Frank Schneider dirige des rencontres de CFA2 pendant trois saisons, des matches de CFA pendant un an, puis parvient à “monter” en National.

« J’y ai passé une saison avant de rejoindre la Ligue 2. Puis je suis redescendu en National. À ce moment-là, il ne faut pas lâcher et faire preuve de caractère. »

Et c’est ce que Frank Schneider est parvenu à faire, retrouvant la Ligue 2 durant trois saisons. Le tout avant d’arriver en Ligue 1 il y a bientôt trois ans.

« On peut dire qu’un arbitre commence à être professionnel lorsqu’il arbitre en Ligue 2, estime-t-il. Mais c’est assez précaire du coup, je me suis lancé dans une structure de conseil et de communication à la fin 2013. J’ai ouvert un bureau à Strasbourg et je m’occupe de l’accompagnement dans la communication et le management. »

« On se considère un peu comme la 21e équipe du championnat »

Ainsi, entre l’arbitrage et son travail, Frank Schneider a forcément un emploi du temps hyperchargé. Mais qu’importe. « J’aime ce que je fais et puis je n’ai pas le temps de m’ennuyer (sourire). Concernant l’arbitrage, je passe vingt-deux semaines par an à Clairefontaine. Tous les arbitres y sont convoqués du mercredi midi jusqu’au match prévu le week-end. »

Là-bas, les “hommes en jaune” suivent à chaque fois un programme bien spécifique. Il raconte. « On a des séances vidéos et des séances physiques sur le terrain. On est pris en charge comme une équipe professionnelle, avec des kinés et des ostéopathes par exemple. On est beaucoup mieux préparé qu’avant. Les arbitres, on se considère un peu comme étant la 21e équipe du championnat. »

La Ligue 1, justement, à quoi ressemble-t-elle de l’intérieur ? « C’est le top niveau. Ça n’a rien à voir avec les autres divisions, et ce à tous les points de vue. Il y a à chaque fois entre quinze et vingt-sept caméras par rencontre. On a clairement une obligation de résultat. On a forcément beaucoup de pression et on doit tout faire pour ne pas influencer le résultat. »

La pression, c’est justement une des caractéristiques qui passionne le plus l’arbitre alsacien. « Je dis toujours qu’un arbitre, dans une moindre mesure, c’est un peu comme un chef d’entreprise. Nous, on est sous pression pendant 90 minutes. Un manager l’est durant toute la semaine. Ce qui est le plus compliqué, c’est l’instantanéité de la décision. Soit on siffle, soit on ne siffle pas. Tout est multiplié par 100. »

Partout où il officie en France ou en Europe, Frank Schneider n’oublie pas d’où il vient.

« L’Alsace est une belle région dont j’essaye d’être l’ambassadeur. D’ailleurs, je me souviens qu’à l’époque, on s’amusait à parler en Alsacien dans l’oreillette lorsque j’officiais avec des assistants qui venaient également d’ici », sourit-il.


Source : DNA